Archives pour la catégorie Prématurité

A toi, mon ami

A toi mon ami qui ne lira sûrement jamais ces mots… Je pleure pour toi et ta chère moitié. Tu es fraîchement papa de jumelles nées trop tôt. « Elles vont bien ». C’est ce que j’ai dis aussi après la naissance de la Grande Trollounette… Elles sont nées au même terme que notre fille aînée, et ont le même poids. J’espère qu’elles auront un parcours plus court… Tu es fier, et tu as de quoi! Vous allez être de super parents pour ces petites guerrières.

En attendant je pense bien à vous, et à vos petites puces. Vite vite qu’elles rentrent à la maison!!!

J-2… Quand la prématurité vous éclate à la tronche 5 ans après, encore

Ce matin je me suis levée avec un cafard monstre, entre colère et larmes. Et c’est seulement en fin de matinée que j’ai compris: dans 2 jours notre Grande Trollounette aura 5 ans. Et, par des jeux de calendrier, elle ne sera pas à la maison car nous l’accompagnons demain (dimanche), ainsi que Petit Troll, chez mes beaux-parents pour la semaine. Me rendre compte que sa date anniversaire suscite tellement d’émotions négatives en moi, encore maintenant, ajoute de la culpabilité. Sa naissance a été sous le coup de la tristesse, de la colère et de la culpabilité. 5 ans après, ces émotions sont toujours là, mais atténuées malgré tout. Cependant, l’angoisse a disparu, il y a du mieux.
Comme Papa Lama me l’a fait remarquer, chaque année c’est de moins en moins pire. J-2 cette année, contre J-10, J-15 ou encore M-1 pour ses 1 an! Je ne l’ai pas (encore?) réveillé au milieu de la nuit pour aller au bloc subir une césarienne en urgence là où les deux premières années c’était déjà arrivé plusieurs fois. Je ne me suis pas (encore?) levée à 3h du matin pour aller la voir en néonat.

Bientôt 5 ans que notre désormais Grande Fille est arrivée, si petite et fragile. Micro troll qui avait de la caféine dans sa perfusion parce que « parfois elle oublie de respirer, mais c’est très courant chez les prémas, ne vous en faites pas ».

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Elle est maintenant en excellente santé, pleine de vie et très maline. Je suis tellement fière d’elle… Et je pleure en écrivant ces quelques lignes. Impossible encore pour moi de m’étaler plus que ça sur le sujet, alors que j’aurais énormément de choses à dire.
Elle nous comble de bonheur et nous épate chaque jour, notre Grande Trollounette.

Bientôt 5 ans

Papa et maman qui t’aiment

Donner son lait

Quand grande trollounette est arrivée, très en avance, elle n’était pas encore capable de téter. Le temps que j’ai ma montée de lait, que le lait que je tirais pour elle aille au lactarium pour être traité, et revienne à sa néonat, il s’est passé environ 10 jours. Pendant ces 10 jours, grande trollounette a d’abord été nourrie par perfusion, puis a eu un peu de lait d’autres mamans dans sa sonde naso-gastrique. Je me suis alors promis de donner de mon lait à chacun de mes allaitements, pour aider à mon tour ces tous petits bébés et leur maman. Ca me tenait à coeur, d’autant plus qu’à cause d’un traitement médicamenteux je ne peux plus donner mon sang depuis 2006.

Où donner son lait?

Vous pouvez contacter le lactarium le plus proche de chez vous, même s’il est loin! Le lactarium de Lyon draine de grandes distances. Les collecteuses vont même en Ardèche.
Ce lien peut vous aider.

Comment se passe le don de lait (cas du lactarium de Lyon)?

Avant tout don vous avez à répondre à un questionnaire médical avec un médecin (au téléphone pour ma part, j’habite assez loin de Lyon). Suite à ce questionnaire, si vous pouvez donner votre lait (pas de traitement contre-indiqué, de tabac, si vous n’avez pas été transfusée…) on vous envoie (ou une collectrice passe vous amener) tout le nécessaire pour tirer: tire-lait, kit de téterelles, biberons stériles, étiquettes, thermomètre pour vérifier la température de votre frigo/congélateur, fiche de suivi de la température…
Il vous est demandé de tirer chaque jour pour le lactarium (ce n’était pas le cas lors de mes deux précédents dons), de stériliser le kit de tirage avant chaque recueil, de vous laver les mains, et de surveiller le stockage. La collectrice passe une fois par mois en s’adaptant aux horaires et contraintes des mamans donneuses. Par contre votre bébé passe TOUJOURS en priorité. Le médecin fait régulièrement le point sur votre questionnaire médical au téléphone, et vérifie que votre bébé grandit et grossit bien.

J’avoue que je ne pouvais pas tirer tous les jours, genre le mercredi avec les 3 enfants ce n’était pas possible, mais ce n’était pas très grave tant que les recueils étaient réguliers. J’ai du arrêter en juin car j’ai du prendre un anti-histaminique costaud pour mes allergies, compatible avec l’allaitement de mon bébé mais pas terrible pour des minis-bébés avec des problèmes de santé. Je m’étais dit au départ que je tirerais jusqu’en juillet vu qu’avec les vacances scolaires j’ai les 3 trolls dans ma caverne, donc ça va, ça ne m’a pas trop frustrée.
Car oui, c’est contraignant, mais c’est tellement important et ça m’a tant tenu à coeur, que j’étais toute émue de recevoir ma petite carte de fin de don 🙂 En cumulé on doit approcher des 60L de dons, 20L par allaitement (j’arrondis) je dirais.

Je suis fière de moi, et en cette période de spleen, ça me fait du bien de me dire que j’ai pu aider énormément de bébés et de mamans, et que ma mini trollounette a des frères et soeurs de lait 🙂

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La reprise du travail

Pendant ma grossesse, j’avais prévu de reprendre aux 1 an de mini trollounette en prenant un congé parental majoré (car troisième enfant) de la CAF. C’était sans compter que c’était une vaste blague, le congé maternité post-natal entrant en ligne de compte dans le calcul des 8 mois de CP majoré accordé. Quand en plus votre bébé est né le 26/01, c’est comme s’il était né le 1er. Me voilà donc à reprendre en septembre au lieu de janvier, mon congé parental étant seulement pour juin et juillet (on est loin des 8 mois initialement prévus!! Ils ont ajouté un astérisque précisant cette histoire de congé maternité pendant mon congé maternité justement…).
Ok donc 3 enfants de 5 ans, 3 ans et 7 mois, le boulot, la bouffe (sans PLV ni gluten donc) et le reste… On va y arriver, je respire par les trous d’nez et j’y crois.
N’empêche que j’ai pas du tout envie de laisser mon bébé. Pas du tout du tout du tout… Ni mes grands. Parce que même si je râle parfois, on passe quand même plein de chouettes moments tous les 4!
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Du coup, ne pas vouloir retourner au boulot c’est étrange et nouveau comme sensation.

Pour Grande Trollounette
: Petit flashback. Elle est née à 32sa + 4 jours et a fait du rab en néonat. Elle est sortie au bout de 9 semaines et demi. En gros elle est née à J-58 ou 59 et est sortie le 67 ème jour. Avec un scope. J’ai repris le boulot à la fin prévue de mon congé maternité et je l’ai laissée à la nounou. Avec un scope donc. Qui sonnait souvent pour signaler que « quand même son coeur ralentit hé ho faut peut-être la stimuler ». Elle a passé plus de temps en néonat qu’à la maison. Avec le recul je ne le referais pas DU TOUT. La maman que je suis devenue n’en serait pas capable aujourd’hui. Mais sur le moment j’avais besoin de souffler, de m’éloigner un peu du rôle de maman-soignante.
Elle avait donc un peu plus de 4 mois et je tirais mon lait pour la nounou. Elle mangeait vraiment beaucoup, 2 voire 3 fois 240mL par jour (je partais à 8h et rentrais à 20h, 4 jours par semaine) en plus des tétées du matin, de retrouvailles et du coucher. C’était très stressant car je ne pouvais pas suivre en flux tendu donc je tirais le matin avant de partir, 2 ou 3 fois au travail, le soir, et plusieurs fois par jour les jours de repos. Elle buvait dans un biberon Avent classique, n’ayant jamais entendu parler des risques de confusion sein-tétine. Et elle peinait à grossir en mangeant beaucoup donc il n’était pas question de lui donner moins (à postériori je me rends compte que c’était à cause de son allergie aux protéines de lait de vache je pense). Vers 7 mois j’ai commencé à lui donner des yaourts (enfin je les fournissais à la nounou) et à 8 mois j’ai arrêté de tirer mon lait au travail. Gros soulagement, c’était vraiment 4 mois très très difficiles. Et on ne savait pas encore qu’elle était APLV. Je vous raconterai sûrement une autre fois.

Pour Petit Troll
: Il est né à 35sa+5. J’ai pris une petite quinzaine de jours après la fin de mon congé maternité et j’ai repris le travail lorsqu’il avait 4 mois et demi. Là aussi j’étais contente de reprendre car petit troll était un bébé très difficile à gérer à cause de son reflux. Il tétait tout le temps et ne dormait jamais, en gros. La reprise était facilitée par le fait que nous avions déménagé et que nous vivions désormais près de mon travail. J’ai donc pu aller lui donner la tétée entre midi et deux au début de la garde. J’ai DU y aller serait plus juste: Petit Troll refusait de manger. S’il buvait 50mL sur 11h de garde c’était un miracle… « Heureusement » il se rattrapait la nuit. Quand on avait 6 réveils tétée pour lui et 6 réveils en pleurs de son ainée, en désynchro évidemment, je peux vous dire que c’était très très très dur. Mais par contre je n’avais pas le stress des quantités à tirer pour la peine! J’ai été soulagée (et la nounou aussi, car même s’il était brave, elle angoissait un peu qu’il ne mange pas) que nous commencions la diversification. Vers 7 mois à défaut de boire mon lait je lui préparais des desserts avec (vu qu’il est APLV/chèvre/brebis pas de yaourts pour lui). J’ai tiré mon lait jusqu’à ses 18 ou 19 mois puis j’ai tourné sur les stocks du congélateur.

Et donc après avoir laissé les aînés plus de 40h par semaine (47 semaines par an) à 4 mois à une nounou, j’ai du mal à laisser un bébé pas préma et en bonne santé (hormis son APLV) un peu moins de 40h/semaine et moins de 47 semaines par an, alors qu’elle aura 7 mois. Il faut dire qu’avec Mini Trollounette j’ai découvert la simplicité d’un bébé sans reflux, sans scope, sans hôpital et né à terme avec un poids normal. Tout se passe super bien avec elle et je profite vraiment de mon congé maternité avec elle et les deux « grands » trolls. J’avais en tête de reprendre à ses 1 an pour passer le cap où l’allaitement reste primordial car peu diversifiée et éviter de tirer mon lait, pour permettre à petit troll une première rentrée en douceur et pour éviter trop de garderie/centre aéré en début d’année à Grande Trollounette. Va falloir faire autrement que ce que j’avais espéré…
Nous commençons l’adaptation dans une semaine. Il faut que je trouve un moyen de lui faire boire un peu de lait vu que pour l’instant la diversification reste de la découverte. Même si elle mange de mieux en mieux, ça reste de petites quantités. JE STRESSE. Alors qu’en soi on a passé bien plus compliqué avec les aînés. Après tout, Petit Troll était plus petit et ne mangeait rien, et il va très bien.
Ce matin elle a bu un peu de lait maternel, froid, dans sa tasse à bec Ikéa puis au biberon Calma de Medela, froid aussi (il fait très très chaud, elle a bu le lait au lieu de l’eau). C’est encourageant. J’espère que je n’aurai pas trop ce stress de la bouffe même si je sais que je vais devoir repasser par la case tirage de lait au travail, vu qu’elle est APLV elle aussi… Ca serait déjà un stress en moins.

Affaire à suivre…

 

Quand la prématurité vous rattrape…

Aujourd’hui rien de particulier à l’horizon. Pas de date anniversaire de truc triste, un WE sympa de prévu… Et malgré ça j’ai fondu en larmes au déjeuner. Parce que malgré moi mon cerveau a calculé qu’aujourd’hui notre bébé zen a l’âge qu’avait notre grande trollounette quand elle est sortie de néonat. Eh oui, elle y a passé 66 jours. Et aujourd’hui plus qu’un autre jour je me rends compte de tout ce que j’ai partagé avec notre bébé zen, que la grande trollounette n’a pas connu: les tétées à volonté, les peau-à-peau des heures dans notre lit, les endormissements contre moi, la participation à la vie de famille pendant qu’elle fait la sieste dans mon dos… Tout ça ma grande puce ne l’a pas vécu. A la place elle a eu les gavages par sonde gastrique, les dodos dans une boite en plexiglas, puis les tétées à heures fixes avec pesée avant et après, les peau à peau dans un univers aseptisé et bruyant, avec toujours du monde autour, les endormissements sans sa maman, les bips de son scope…

Même si elle va très bien maintenant, à 4 ans et demi, certaines plaies ne cicatrisent jamais vraiment…

Un an de notre petit troll… Retour en arrière!

Et voilà, notre mini troll a eu un an samedi! Ca passe trop vite!! Je vais vous raconter son arrivée.

Suite à la grossesse et à l’arrivée en catastrophe de sa grande soeur, j’ai été très suivie. J’ai eu des contractions dès 14SA, arrêtée au repos à 21SA. Aspegic pour faciliter les échanges dès le test de grossesse positif, suivi échographique tous les mois pour vérifier la croissance… Petit bébé à l’écho des 12sa, un peu plus petit et notch vers 17sa, j’ai du lever le pied et arrêt total quelques semaines après. J’ai contracté toute la grossesse mais rien d’inquiétant. Suivie à domicile par une SF vers 25 SA il me semble pour monito et compagnie. La courbe de croissance de mini a commencé à remonter dès le repos, pour arriver à une courbe parfaitement moyenne et des échanges impeccables à l’écho de 35sa+3. La spécialiste qui me suivait m’a alors dit que c’était notre meilleure écho depuis le début et que finalement, j’irais peut-être à terme!

J’étais à la fois heureuse que tout aille bien et inquiète car personne ne m’avait parlé d’aller à terme à part au début de ma grossesse, mais quand les échanges ont commencé à être moins bons et la courbe de croissance de mini à fléchir vers le bas, cette hypothèse n’a plus du tout été évoquée! Nous voilà donc avec papa lama dans la voiture, à nous demander comment nous allions faire avec un bébé de 3kg, soit deux fois le poids de notre première trollounette!!
C’était sans compter les blagues de Dame Nature… J’ai perdu les eaux dans la nuit! Nous voilà donc en route vers la maternité (après avoir répété à papa lama que non je n’avais pas fait pipi au lit et que oui j’étais sûre que j’avais perdu les eaux…). Seul souci: le travail n’avait pas commencé. Ayant eu une première césarienne ils ne pouvaient pas me déclencher et avaient prévu une autre césarienne (ce que je ne voulais pas) un peu moins de 48h après la perte des eaux (j’ai perdu les eaux dans la nuit du mercredi au jeudi, ils ne pouvaient pas me programmer une césarienne dans la nuit du vendredi au samedi donc ils pensaient la faire dans la journée du vendredi). J’ai donc passé le jeudi à faire le tour de la maternité sous la pluie avec la marraine de notre mini troll pour lancer les choses. Elle m’a également amené des granules homéopathiques de sauge.

J’ai commencé à avoir quelques contractions mais rien d’extraordinaire. La nuit par contre je l’ai passée à 4 pattes, seule dans ma chambre de grossesse patho, avec une poche des eaux rompue et des contractions dans les reins, l’horreur!! Heureusement mini s’est retourné au petit matin et j’ai eu les contractions devant, bien moins douloureuses! Malheureusement le travail n’avançait pas assez vite, ce qui était déprimant après deux nuits blanches. Cependant, le vendredi matin ça s’est accéléré et on m’a transférée en salle de naissance avec un col à 1. 3h après, mini troll était parmi nous. Il est sorti seul, en une poussée, un vrai viking! 2,3kg pour 45 cm, il nous paraissait tout dodu, malgré les « mais madame, c’est un petit poids! » du personnel. Heureusement, la SF qui a fait naître notre bébé était très douce et pas du tout alarmiste 🙂 Choupetou est donc né et a tété comme un pro tout de suite, malgré sa petite prématurité.

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Puis a commencé le parcours du combattant, le bras de fer avec le personnel hospitalier! Mais je vous raconterai ça plus tard, aujourd’hui, je ne vous parle que des bons souvenirs 🙂

Mini a donc eu un an. Un an de rires et de câlins, de tétées et de balades en écharpes 🙂

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(ça bave!)

 

Joyeux anniversaire petit troll mignon 🙂

 

 

 

L’arrivée de notre première trollounette…

…ou la découverte du monde pas merveilleux du tout de la prématurité.

J’avais écrit un témoignage très détaillé sur le blog de Maman Bavarde, je vous donne donc les liens si vous voulez en savoir plus:
Témoignage première partie
Témoignage deuxième partie

Je serai plus brève aujourd’hui car j’ai quasiment digéré sa naissance et son début de vie.

Notre grande trollounette s’est installée tout de suite dans mon ventre, et j’ai longtemps cru que sa prématurité était là pour rétablir l’équilibre: « enceinte au premier cycle, trop beau pour être vrai ». Je crois que cette culpabilité est le lot de toutes les mamans de préma. On cherche des causes, ce qu’on aurait pu manger ou boire, le carton qu’on a déplacé, la longueur de piscine en trop… Puis on comprend: c’est comme ça et puis c’est tout.
J’ai donc commencé ma grossesse sereine mais bien malade, comme beaucoup de futures mamans. Toujours classe le vomito dans le caniveau en descendant du train… Ou encore la pause gerbouille en plein milieu d’un soin à un patient qui sent un peu fort… Mais bon, je me dis que ça va passer. Chutes de tension, fatigue, je lève le pied au boulot (j’avais vraiment de très grosses semaines)

12 SA: mes premières contractions. Je lève encore le pied, je commence à m’inquiéter. Mon gynéco me rassure, tout va bien mais je dois arrêter de bosser comme une folle.

Echo des 22SA (5 mois): bébé petit, toujours des contractions… On m’arrête. Je finirai ma grossesse à la maison. Jusqu’à 6 mois je contracte beaucoup puis ça se calme et je peux aller à la piscine. Ca me fait un bien fou! Je nagerai régulièrement mon kilomètre, tranquillement, à mon rythme. J’ai longtemps culpabilisé pour ça après coup, mais je me rends compte maintenant que c’était irrationnel. Je n’ai jamais forcé, au contraire ça me détendait énormément.

Echo des 32SA (7 mois): tout bascule. Bébé beaucoup trop petit, elle a complètement cassé sa courbe, on me parle d’un mois de retard de croissance intra-utérin (RCIU), de manque de liquide (oligoamnios), d’échanges maman-bébé qui ne se font plus. Direction les urgences. On me garde, on me surveille… On sort bébé en urgence le soir, son coeur ralentit beaucoup trop et elle peine à remonter, il y a trop de risque qu’elle décède in-utero. Elle pèse 1,520kg pour 37cm. 1,5kg… Le poids du ballotin de chocolats que nous avons offert à l’équipe soignante de néonat à son retour à la maison.

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Nous avions son prénom mais n’étions absolument pas prêts à vivre ce que nous avons vécu. La séparation, les fils, la couveuse, les allers-retours à l’hôpital… Et l’allaitement. Je pensais profiter des derniers mois de grossesse pour me renseigner sur l’allaitement, en discuter lors des réunions de préparation à la naissance… A la place de ça, je me suis retrouvée seule, face à face avec un tire-lait défaillant et pas de bébé. Je me suis accrochée, je suis quelqu’un de volontaire et têtu (voire borné). Comme après ma césarienne où moins de 12h après j’étais debout, menaçant le personnel d’aller par mes propres moyens, en bus s’il le fallait, dans la ville où était hospitalisée ma fille. Là je l’allaiterais, c’était la seule chose que j’étais la seule à pouvoir faire pour elle, et elle en avait tellement besoin… J’ai donc tiré mon lait toutes les 3h pendant des semaines, jour et nuit. Vers un mois de vie, elle a commencé à savoir téter, un peu. C’était juste une fois par jour mais quel bonheur. Je me souviens de cette première tétée nutritive comme si c’était hier.

Les semaines ont passé… 9 semaines et demi après sa naissance, 8 jours après son opération, elle a pu rentrer à la maison. Certes elle avait un scope pour surveiller son coeur qui avait tendance à ralentir à cause de son reflux, mais quelle joie de l’avoir avec nous et de commencer enfin notre vie à 3!

départ pour la maison

J’ai continué de tirer mon lait alors que ma trollounette tétait, afin d’en faire don au lactarium. En effet, ma puce a reçu le lait d’autres mamans en attendant que ma montée de lait se fasse, que mon lait soit analysé et traité par le lactarium puis renvoyé en néonat. Je voulais à mon tour aider ces tout-petits bébés arrivés trop tôt et ayant besoin du meilleur: du lait de maman, le temps que le lait de leur maman leur revienne. Ma puce évoluait bien, très très bien même. Elle a toujours été un petit gabarit, mais à côté de ça elle était très éveillée, alors, la taille, on s’en fichait bien!

A 4 mois, on a pu débrancher son scope pendant les phases d’éveil, et à 6 mois, plus de scope, plus d’hospitalisation à domicile! A part un suivi assez poussé du fait de son terme de naissance, il n’y avait rien de particulier à signaler.

Notre trollounette a désormais 2 ans et demi. Elle est pleine d’énergie et de vie, pleine de questions, d’humour, mais aussi de cinéma! Je pense qu’on ne va pas s’ennuyer avec elle ^^

 

Bienvenue dans notre caverne

Bonjour à tous,

Vous voilà sur ma page. Qu’allez-vous y trouver? Je ne sais pas exactement encore!! Je vais sûrement partager notre quotidien. Vous allez donc entendre parler (lire serait plus juste) allaitement, prématurité, écharpe de portage, DME, motricité libre, RGO, intolérance aux protéines de lait de vache, mais aussi chats, travail, poules, jardin (et peut-être même minecraft…).

Bonne lecture 🙂