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Donner son lait

Quand grande trollounette est arrivée, très en avance, elle n’était pas encore capable de téter. Le temps que j’ai ma montée de lait, que le lait que je tirais pour elle aille au lactarium pour être traité, et revienne à sa néonat, il s’est passé environ 10 jours. Pendant ces 10 jours, grande trollounette a d’abord été nourrie par perfusion, puis a eu un peu de lait d’autres mamans dans sa sonde naso-gastrique. Je me suis alors promis de donner de mon lait à chacun de mes allaitements, pour aider à mon tour ces tous petits bébés et leur maman. Ca me tenait à coeur, d’autant plus qu’à cause d’un traitement médicamenteux je ne peux plus donner mon sang depuis 2006.

Où donner son lait?

Vous pouvez contacter le lactarium le plus proche de chez vous, même s’il est loin! Le lactarium de Lyon draine de grandes distances. Les collecteuses vont même en Ardèche.
Ce lien peut vous aider.

Comment se passe le don de lait (cas du lactarium de Lyon)?

Avant tout don vous avez à répondre à un questionnaire médical avec un médecin (au téléphone pour ma part, j’habite assez loin de Lyon). Suite à ce questionnaire, si vous pouvez donner votre lait (pas de traitement contre-indiqué, de tabac, si vous n’avez pas été transfusée…) on vous envoie (ou une collectrice passe vous amener) tout le nécessaire pour tirer: tire-lait, kit de téterelles, biberons stériles, étiquettes, thermomètre pour vérifier la température de votre frigo/congélateur, fiche de suivi de la température…
Il vous est demandé de tirer chaque jour pour le lactarium (ce n’était pas le cas lors de mes deux précédents dons), de stériliser le kit de tirage avant chaque recueil, de vous laver les mains, et de surveiller le stockage. La collectrice passe une fois par mois en s’adaptant aux horaires et contraintes des mamans donneuses. Par contre votre bébé passe TOUJOURS en priorité. Le médecin fait régulièrement le point sur votre questionnaire médical au téléphone, et vérifie que votre bébé grandit et grossit bien.

J’avoue que je ne pouvais pas tirer tous les jours, genre le mercredi avec les 3 enfants ce n’était pas possible, mais ce n’était pas très grave tant que les recueils étaient réguliers. J’ai du arrêter en juin car j’ai du prendre un anti-histaminique costaud pour mes allergies, compatible avec l’allaitement de mon bébé mais pas terrible pour des minis-bébés avec des problèmes de santé. Je m’étais dit au départ que je tirerais jusqu’en juillet vu qu’avec les vacances scolaires j’ai les 3 trolls dans ma caverne, donc ça va, ça ne m’a pas trop frustrée.
Car oui, c’est contraignant, mais c’est tellement important et ça m’a tant tenu à coeur, que j’étais toute émue de recevoir ma petite carte de fin de don 🙂 En cumulé on doit approcher des 60L de dons, 20L par allaitement (j’arrondis) je dirais.

Je suis fière de moi, et en cette période de spleen, ça me fait du bien de me dire que j’ai pu aider énormément de bébés et de mamans, et que ma mini trollounette a des frères et soeurs de lait 🙂

lactarium

L’arrivée de notre première trollounette…

…ou la découverte du monde pas merveilleux du tout de la prématurité.

J’avais écrit un témoignage très détaillé sur le blog de Maman Bavarde, je vous donne donc les liens si vous voulez en savoir plus:
Témoignage première partie
Témoignage deuxième partie

Je serai plus brève aujourd’hui car j’ai quasiment digéré sa naissance et son début de vie.

Notre grande trollounette s’est installée tout de suite dans mon ventre, et j’ai longtemps cru que sa prématurité était là pour rétablir l’équilibre: « enceinte au premier cycle, trop beau pour être vrai ». Je crois que cette culpabilité est le lot de toutes les mamans de préma. On cherche des causes, ce qu’on aurait pu manger ou boire, le carton qu’on a déplacé, la longueur de piscine en trop… Puis on comprend: c’est comme ça et puis c’est tout.
J’ai donc commencé ma grossesse sereine mais bien malade, comme beaucoup de futures mamans. Toujours classe le vomito dans le caniveau en descendant du train… Ou encore la pause gerbouille en plein milieu d’un soin à un patient qui sent un peu fort… Mais bon, je me dis que ça va passer. Chutes de tension, fatigue, je lève le pied au boulot (j’avais vraiment de très grosses semaines)

12 SA: mes premières contractions. Je lève encore le pied, je commence à m’inquiéter. Mon gynéco me rassure, tout va bien mais je dois arrêter de bosser comme une folle.

Echo des 22SA (5 mois): bébé petit, toujours des contractions… On m’arrête. Je finirai ma grossesse à la maison. Jusqu’à 6 mois je contracte beaucoup puis ça se calme et je peux aller à la piscine. Ca me fait un bien fou! Je nagerai régulièrement mon kilomètre, tranquillement, à mon rythme. J’ai longtemps culpabilisé pour ça après coup, mais je me rends compte maintenant que c’était irrationnel. Je n’ai jamais forcé, au contraire ça me détendait énormément.

Echo des 32SA (7 mois): tout bascule. Bébé beaucoup trop petit, elle a complètement cassé sa courbe, on me parle d’un mois de retard de croissance intra-utérin (RCIU), de manque de liquide (oligoamnios), d’échanges maman-bébé qui ne se font plus. Direction les urgences. On me garde, on me surveille… On sort bébé en urgence le soir, son coeur ralentit beaucoup trop et elle peine à remonter, il y a trop de risque qu’elle décède in-utero. Elle pèse 1,520kg pour 37cm. 1,5kg… Le poids du ballotin de chocolats que nous avons offert à l’équipe soignante de néonat à son retour à la maison.

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Nous avions son prénom mais n’étions absolument pas prêts à vivre ce que nous avons vécu. La séparation, les fils, la couveuse, les allers-retours à l’hôpital… Et l’allaitement. Je pensais profiter des derniers mois de grossesse pour me renseigner sur l’allaitement, en discuter lors des réunions de préparation à la naissance… A la place de ça, je me suis retrouvée seule, face à face avec un tire-lait défaillant et pas de bébé. Je me suis accrochée, je suis quelqu’un de volontaire et têtu (voire borné). Comme après ma césarienne où moins de 12h après j’étais debout, menaçant le personnel d’aller par mes propres moyens, en bus s’il le fallait, dans la ville où était hospitalisée ma fille. Là je l’allaiterais, c’était la seule chose que j’étais la seule à pouvoir faire pour elle, et elle en avait tellement besoin… J’ai donc tiré mon lait toutes les 3h pendant des semaines, jour et nuit. Vers un mois de vie, elle a commencé à savoir téter, un peu. C’était juste une fois par jour mais quel bonheur. Je me souviens de cette première tétée nutritive comme si c’était hier.

Les semaines ont passé… 9 semaines et demi après sa naissance, 8 jours après son opération, elle a pu rentrer à la maison. Certes elle avait un scope pour surveiller son coeur qui avait tendance à ralentir à cause de son reflux, mais quelle joie de l’avoir avec nous et de commencer enfin notre vie à 3!

départ pour la maison

J’ai continué de tirer mon lait alors que ma trollounette tétait, afin d’en faire don au lactarium. En effet, ma puce a reçu le lait d’autres mamans en attendant que ma montée de lait se fasse, que mon lait soit analysé et traité par le lactarium puis renvoyé en néonat. Je voulais à mon tour aider ces tout-petits bébés arrivés trop tôt et ayant besoin du meilleur: du lait de maman, le temps que le lait de leur maman leur revienne. Ma puce évoluait bien, très très bien même. Elle a toujours été un petit gabarit, mais à côté de ça elle était très éveillée, alors, la taille, on s’en fichait bien!

A 4 mois, on a pu débrancher son scope pendant les phases d’éveil, et à 6 mois, plus de scope, plus d’hospitalisation à domicile! A part un suivi assez poussé du fait de son terme de naissance, il n’y avait rien de particulier à signaler.

Notre trollounette a désormais 2 ans et demi. Elle est pleine d’énergie et de vie, pleine de questions, d’humour, mais aussi de cinéma! Je pense qu’on ne va pas s’ennuyer avec elle ^^