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Les dégâts de la motricité « forcée »

Pour notre grande trollounette, nous avons abordé la motricité avec un regard de nouveau parent qui n’y connait rien. En fait, on n’a pas réellement abordé la motricité!

Au début, une fois sortie de néonat, nous avions deux contraintes de taille: son reflux qui lui provoquait des ralentissements cardiaques et son scope (moniteur portatif -pesant un kilo-  relié à 2 électrodes sur son torse). Il fallait qu’elle soit le plus à la verticale possible: elle passait donc énormément de temps en écharpe contre moi mais également en position assise dans son transat relevé au maximum, glissait en bas de son lit ou de son parc qui étaient eux aussi très inclinés.
A 6 mois (d’âge réel, donc 4 mois d’âge corrigé) elle commençait à bien tenir assise, quand nous la mettions nous dans cette position. N’ayant aucune connaissance du développement moteur « normal » d’un enfant, nous avons fait comme nous voyions autour de nous: nous avons commencé à la tenir debout. Et quelle fierté pour moi quand à 8 mois elle restait debout en se tenant, mais toujours après que nous l’ayons mise debout. Puis nous avons commencé à la faire marcher en la tenant par les mains et à la mettre dans le trotteur. J’avais entendu que ce n’était pas terrible donc on ne la mettait pas plus de 5 minutes par jour. Elle n’a jamais fait de 4 pattes, elle se déplaçait assise.
A 10 mois et demi elle ne savait toujours pas s’asseoir seule et savait se lever uniquement grâce à son parc, en coinçant ses pieds contre les barreaux et en se hissant à la force des bras, et marchait en se tenant aux meubles.

A un an, toujours pareil, elle savait marcher mais n’osait pas nous lâcher. Cela dit, nous ne nous inquiétions pas, car après tout elle tenait assise, debout, se déplaçait debout… A aucun moment le fait qu’elle ne sache pas s’asseoir ou se lever ailleurs que dans son parc ne nous avait alors inquiétés. J’avais au contraire l’impression qu’elle était « normale » et n’avait pas de séquelle de sa prématurité, donc j’étais plutôt confiante.

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A 14 mois et demi elle fait ses premiers pas sans se tenir mais tombe raide en arrière sur la tête quelques jours après et arrête de marcher. Un mois après elle remarche mais ne sait toujours pas tomber, elle tombe raide sur le carrelage, en arrière. On finit par lui acheter un casque de peur qu’elle ne se fasse vraiment mal. On en parle à sa pédiatre du réseau préma qui, devant son défaut de transferts de position, nous conseille de voir une psychomotricienne.
Le bilan se fait en deux temps. Durant la première phase il y a un entretien. Je me rends compte de deux choses en discutant avec la psychomot: notre trollounette n’a quasiment jamais passé de temps sur le ventre, car même lorsque nous la posions sur le ventre, elle n’aimait pas et se retournait tout de suite. L’hypothèse la plus envisageable est que c’était une position douloureuse ou gênant pour elle à cause de son reflux, du scope, de l’eczéma que lui provoquait la colle des électrodes… La deuxième chose est que nous avons « forcé » les positions, elle ne les a pas découvertes d’elle-même. Elle observe ensuite notre puce et lui montre des transferts de position (allongée à assise, assise à sur les genoux etc). Elle me conseille de faire pareil à maison et nous prenons RDV pour la deuxième partie du bilan, un mois après (car son planning était surchargé). Pendant ce mois je fais « travailler » Anouk comme la psychomot et découvre en parallèle la motricité libre, que je compte bien appliquer avec notre deuxième bébé qui est en route.

Deuxième partie du bilan psychomot impeccable, notre grande choupette a tout récupéré! Là où à la fin de la première partie du bilan il y aurait eu besoin de quelques séances avec la psychomotricienne, ce n’est plus le cas 🙂 On a échappé de peu aux RDV hebdomadaires et pu ranger le casque au garage!

Notre trollounette étant l’aînée, elle paye un peu les pots cassés de nos tâtonnements. Là où elle a eu purées et ce que j’appelle la « motricité forcée », son petit frère a droit à la DME et la motricité libre. Mais bon, on apprend de ses erreurs!

Je vous expliquerai plus en détail ce qu’est la motricité libre dans un prochain billet 🙂

 

L’arrivée de notre première trollounette…

…ou la découverte du monde pas merveilleux du tout de la prématurité.

J’avais écrit un témoignage très détaillé sur le blog de Maman Bavarde, je vous donne donc les liens si vous voulez en savoir plus:
Témoignage première partie
Témoignage deuxième partie

Je serai plus brève aujourd’hui car j’ai quasiment digéré sa naissance et son début de vie.

Notre grande trollounette s’est installée tout de suite dans mon ventre, et j’ai longtemps cru que sa prématurité était là pour rétablir l’équilibre: « enceinte au premier cycle, trop beau pour être vrai ». Je crois que cette culpabilité est le lot de toutes les mamans de préma. On cherche des causes, ce qu’on aurait pu manger ou boire, le carton qu’on a déplacé, la longueur de piscine en trop… Puis on comprend: c’est comme ça et puis c’est tout.
J’ai donc commencé ma grossesse sereine mais bien malade, comme beaucoup de futures mamans. Toujours classe le vomito dans le caniveau en descendant du train… Ou encore la pause gerbouille en plein milieu d’un soin à un patient qui sent un peu fort… Mais bon, je me dis que ça va passer. Chutes de tension, fatigue, je lève le pied au boulot (j’avais vraiment de très grosses semaines)

12 SA: mes premières contractions. Je lève encore le pied, je commence à m’inquiéter. Mon gynéco me rassure, tout va bien mais je dois arrêter de bosser comme une folle.

Echo des 22SA (5 mois): bébé petit, toujours des contractions… On m’arrête. Je finirai ma grossesse à la maison. Jusqu’à 6 mois je contracte beaucoup puis ça se calme et je peux aller à la piscine. Ca me fait un bien fou! Je nagerai régulièrement mon kilomètre, tranquillement, à mon rythme. J’ai longtemps culpabilisé pour ça après coup, mais je me rends compte maintenant que c’était irrationnel. Je n’ai jamais forcé, au contraire ça me détendait énormément.

Echo des 32SA (7 mois): tout bascule. Bébé beaucoup trop petit, elle a complètement cassé sa courbe, on me parle d’un mois de retard de croissance intra-utérin (RCIU), de manque de liquide (oligoamnios), d’échanges maman-bébé qui ne se font plus. Direction les urgences. On me garde, on me surveille… On sort bébé en urgence le soir, son coeur ralentit beaucoup trop et elle peine à remonter, il y a trop de risque qu’elle décède in-utero. Elle pèse 1,520kg pour 37cm. 1,5kg… Le poids du ballotin de chocolats que nous avons offert à l’équipe soignante de néonat à son retour à la maison.

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Nous avions son prénom mais n’étions absolument pas prêts à vivre ce que nous avons vécu. La séparation, les fils, la couveuse, les allers-retours à l’hôpital… Et l’allaitement. Je pensais profiter des derniers mois de grossesse pour me renseigner sur l’allaitement, en discuter lors des réunions de préparation à la naissance… A la place de ça, je me suis retrouvée seule, face à face avec un tire-lait défaillant et pas de bébé. Je me suis accrochée, je suis quelqu’un de volontaire et têtu (voire borné). Comme après ma césarienne où moins de 12h après j’étais debout, menaçant le personnel d’aller par mes propres moyens, en bus s’il le fallait, dans la ville où était hospitalisée ma fille. Là je l’allaiterais, c’était la seule chose que j’étais la seule à pouvoir faire pour elle, et elle en avait tellement besoin… J’ai donc tiré mon lait toutes les 3h pendant des semaines, jour et nuit. Vers un mois de vie, elle a commencé à savoir téter, un peu. C’était juste une fois par jour mais quel bonheur. Je me souviens de cette première tétée nutritive comme si c’était hier.

Les semaines ont passé… 9 semaines et demi après sa naissance, 8 jours après son opération, elle a pu rentrer à la maison. Certes elle avait un scope pour surveiller son coeur qui avait tendance à ralentir à cause de son reflux, mais quelle joie de l’avoir avec nous et de commencer enfin notre vie à 3!

départ pour la maison

J’ai continué de tirer mon lait alors que ma trollounette tétait, afin d’en faire don au lactarium. En effet, ma puce a reçu le lait d’autres mamans en attendant que ma montée de lait se fasse, que mon lait soit analysé et traité par le lactarium puis renvoyé en néonat. Je voulais à mon tour aider ces tout-petits bébés arrivés trop tôt et ayant besoin du meilleur: du lait de maman, le temps que le lait de leur maman leur revienne. Ma puce évoluait bien, très très bien même. Elle a toujours été un petit gabarit, mais à côté de ça elle était très éveillée, alors, la taille, on s’en fichait bien!

A 4 mois, on a pu débrancher son scope pendant les phases d’éveil, et à 6 mois, plus de scope, plus d’hospitalisation à domicile! A part un suivi assez poussé du fait de son terme de naissance, il n’y avait rien de particulier à signaler.

Notre trollounette a désormais 2 ans et demi. Elle est pleine d’énergie et de vie, pleine de questions, d’humour, mais aussi de cinéma! Je pense qu’on ne va pas s’ennuyer avec elle ^^